Ksamil, la plus belle plage d’Albanie… et la plus bétonnée
Ksamil est à la fois le plus beau littoral de la Riviera albanaise et sa station la plus défigurée.
La péninsule, un village de 3 000 habitants au sud du pays, a failli disparaître sous le béton à cause des constructions illégales ; l’État en a détruit près de 200 bâtiments pour sauver ce qui pouvait l’être. Et pourtant, si on imagine les plages sans toutes ses installations, le site est splendide : du sable fin et blanc, quasi unique sur la côte albanaise, et une eau qui tire vers le turquoise.
C’est un crève-cœur de constater qu’un si beau littoral ait été à ce point saccagé : il aurait dû faire de Ksamil une station charmante et authentique. Mais ce ne fut pas le cas. Le problème, c’est tout le reste. Musique orientée rap, latino, Maître Gims et tubes de l’été à fond sur les transats, étals de contrefaçons de marques, restaurants alignés face à une baie transformée en usine à touristes. À savoir avant de venir : toutes les plages sont privées, il n’y a aucune plage publique. On vient à Ksamil pour ses plages et ses îlots, pas pour son charme de village. Une fois qu’on a accepté ça, on en profite mieux.
Soirée à Ksamil…
Plus chère que le reste de l’Albanie
Ksamil reste bondée en septembre. Les prix, 2 à 5 fois plus chers que dans l’arrière-pays à l’est, nous dévoile qu’on a définitivement changé de région ! La chambre triple de 30 m² avec vue sur la mer passe à 56,22 € sans petit-déjeuner au lieu de 20 € en moyenne à Kruja.
Il faut compter environ 25 € par personne pour un bon restaurant en bord de mer avec entrées, plats, desserts, boissons. Ce qui reste encore très correct pour nous français mais très cher pour un albanais. Dans le reste du pays, on était entre 5 et 10 €.
Les beaux hôtels s’alignent sur les prix européens. J’ai eu du mal à trouver quelque chose de charmant dans mes prix. J’ai finalement réservé chez John’s Guesthouse pour sa magnifique vue sur la péninsule et sa terrasse privée. Je n’ai pas regretté.
En journée, sur les plages, il faut aimer le style musical orienté rap, latino, Maître Gims et tubes de l’été des années précédentes. Côté shopping, les petits étals de marchands vendent des broutilles pas très intéressantes et chères pour le pays. Pour des boutiques plus lifestyle, il faut se rendre à Sarandë, ville balnéaire encore plus bien plus bétonnée et sans intérêt.
Pour les amateurs de visite culturelle ou de vieilles pierres, à 30 minutes en voiture, n’hésitez pas à découvrir ce site archéologique : la ville antique de Butrint…
Le site antique de Butrint
Les quatre îlots de Ksamil : lesquels, et comment y aller
Juste au large, quatre îlots principaux se détachent de la baie. Deux d’entre eux sont si proches qu’ils n’en forment parfois qu’un à l’œil, ce qui explique le fameux « trois îlots » qu’on lit un peu partout, y compris dans le titre de cette page. Ce sont eux qui font la carte postale de Ksamil, et surtout ils se méritent à peine : les plus proches se rejoignent à la nage pour qui nage correctement, ou en pédalo (compté 100 lekë l’heure, relevé sur place en 2022, à vérifier pour le tarif actuel).
Sur les plus accessibles, on trouve quelques transats et un petit bar ; sur les plus discrets, on pose sa serviette sur les rochers pour fuir la foule des plages principales. Le meilleur moment pour la traversée reste le début de matinée, avant que les pédalos ne saturent la bande d’eau entre la plage et les îles. Emporter des chaussures d’eau : les fonds passent vite du sable aux rochers, et c’est plus confortable pour aborder les îlots.
Les 4 îlots vus de la butte
Où se baigner à Ksamil : plages et criques
La plage principale fait face aux îlots, c’est la plus photogénique mais aussi la plus dense en transats et en beach clubs. Pour respirer, mieux vaut s’en écarter.
Au nord, Pema e Thate offre une eau peu profonde et une ambiance plus calme, pratique si on voyage en famille.
Du côté de Mirror Beach et de Monastery Beach, on trouve de petites criques plus intimes, celle du monastère se logeant sous les vestiges de Saint-Georges. Pour une escapade plus sauvage, cap sur l‘île Tongo, accessible en bateau.
Dans tous les cas, gardez en tête qu’à Ksamil : la quasi-totalité des plages est gérée par des beach clubs, la location transat plus parasol se négocie selon la saison et grimpe vite en juillet-août
Quand aller à Ksamil (et à quel prix)
La saison balnéaire court de mai à septembre, avec un pic de fréquentation et de tarifs en juillet-août. Pour les îlots au calme et une eau encore bonne, visez mai, juin ou la seconde moitié de septembre : début septembre, il y avait encore beaucoup de monde, dont énormément de touristes venus de Corfou en excursion.
Côté budget, changement d’ambiance total : les prix, deux à cinq fois plus élevés que dans l’arrière-pays, nous dévoilent qu’on a définitivement changé de région !
Une chambre triple de 30 m² avec vue mer était affichée à 56,22 € sans petit-déjeuner en 2022, là où l’on trouvait autour de 20 € à Kruja.
Comptez environ 25-30 € par personne pour un bon dîner de poisson en bord de mer, entrées, plat, dessert et boissons compris : correct pour un Français, cher pour un Albanais, et sans commune mesure avec les 5 à 10 € du reste du pays.
Pour du charme dans ces tarifs, j’avais fini par réserver John’s Guesthouse, pour sa vue sur la péninsule et sa terrasse privée, et je n’ai pas regretté.
Côté shopping, les petits étals vendent surtout des broutilles chères pour le pays ; pour du lifestyle, il faut filer à Sarandë, ville balnéaire encore plus bétonnée et sans intérêt.
Comment se rendre à Ksamil
Ksamil se situe à une douzaine de kilomètres au sud de Sarandë, la ville portuaire, et juste en face de Corfou. Depuis l’île grecque, un ferry rapide rejoint Sarandë en une trentaine de minutes.
Pour les horaires et la durée exacte : c’est un passage de frontière, passeport obligatoire. Depuis Sarandë, un bus dessert Ksamil en direction de Butrint, à intervalle régulier pour quelques dizaines de lekë.
Pour la fréquence et le tarif ; en taxi, comptez nettement plus. Depuis l’aéroport de Tirana, prévoyez une longue route vers le sud, ou un trajet en bus jusqu’à Sarandë puis un bus local. Et tant qu’à être dans le coin, ne repartez pas sans pousser jusqu’à la cité antique de Butrint, à une trentaine de minutes en voiture : le contrepoint culturel parfait à une journée de plage.
Si vous aimez les ambiances « station balnéaire blindée », les constructions sans harmonie et les étalages de contrefaçons de marque de luxe, vous êtes au bon endroit ! Cependant, la station offre les plus belles plages d’Albanie avec ses charmants 3 îlots… Ksamil, c’est un paradoxe assumé : des plages parmi les plus belles des Balkans, saccagées par le béton et le tourisme de masse. Si vous cherchez un village authentique, passez votre chemin. Si vous venez pour l’eau turquoise et pour rejoindre les îlots à la nage, en arrivant tôt et hors de juillet-août, vous tiendrez l’une des plus belles baignades d’Albanie.
○ Informations ○
Bon à savoir : à coté de la ville portuaire Sarandë et située juste en face de Corfou, Ksamil attire énormément de touristes qui profitent de leur séjour sur l’île grecque, curieux de découvrir un peu de l’Albanie mais aussi des énormément de russes.
Début septembre, il y avait encore beaucoup de monde. Venir plutôt en mai ou fin septembre pour être plus tranquille ?
Saison : mai à septembre, plus calme en mai, juin et fin septembre. Plages : toutes privées, gérées par des beach clubs (transat plus parasol selon saison)
Îlots : à la nage ou en pédalo (100 lekë l’heure)
Accès : ferry depuis Corfou jusqu’à Sarandë (~30 min) puis bus direction Butrint ; passeport obligatoire.
Budget : 2 à 5 fois plus cher que l’arrière-pays albanais.
Dormir : John’s Guesthouse, vue péninsule et terrasse privée.
À côté : cité antique de Butrint, à ~30 min.
FAQ sur Ksamil (Albanie)
Quatre îlots principaux se détachent au large. Deux sont si proches qu’on les prend souvent pour un seul, d’où le « trois îlots » qu’on lit fréquemment.
Les plus proches se rejoignent à la nage, ou en pédalo loué sur la plage principale. Mieux vaut y aller en début de matinée, avant l’affluence.
Mai, juin et la seconde moitié de septembre : l’eau est encore bonne, la foule et les prix retombent par rapport au pic de juillet-août.
Elles sont toutes privées : pas de plage publique. On paie la location d’un transat et d’un parasol auprès des beach clubs, à un tarif qui monte en haute saison.
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