Il y a des villages que l’on visite, et d’autres dans lesquels on se perd volontiers.
La Chora d’Amorgos est de ceux-là. Perchée à 350 mètres au-dessus de la mer, invisible depuis le large, cette capitale blanche et bleue déroule un labyrinthe de ruelles pavées où l’on finit toujours par lever les yeux vers le rocher qui la domine.
Capitale médiévale de l’île, la Chora a préservé son âme comme peu de villages des Cyclades. Le jour, on y flâne entre chapelles et boutiques d’artisans ; le soir, ses venelles s’illuminent de lanternes et l’on y dîne, un verre à la main, dans une ambiance chaleureuse et bon enfant...
○ La Chora d’Amorgos ○
La Chora (Χώρα), souvent appelée simplement Amorgos, est le village-capitale de l’île, la plus orientale des Cyclades. Elle se déploie au centre de l’île, à environ 350 mètres d’altitude, dans l’arrière-pays, à bonne distance de la mer. Un emplacement qui n’a rien du hasard : construite à l’intérieur des terres et invisible depuis le large, la Chora était ainsi protégée des incursions de pirates qui écumaient l’Égée.
Avec ses quelque 400 habitants, c’est le plus grand village d’Amorgos. Il se rejoint facilement depuis les deux ports de l’île : comptez environ 5,5 km depuis Katapola (le port principal) et 21 km depuis Aegiali, en bus ou en taxi. Une fois sur place, on gare la voiture aux abords du village : la Chora est entièrement piétonne, tout se découvre à pied.

Vue de la chora depuis la route
Un peu d’histoire : de Kastro à la Chora
Jusqu’en 1940, le village portait le nom de Kastro (« le château »), en référence à la forteresse qui le surplombe. Et pour cause : au sommet d’un rocher qui domine les toits blancs se dresse un château vénitien du XIIIᵉ siècle, édifié par les frères Ghisi pour se prémunir des attaques de pirates. Certaines portions de muraille et leurs créneaux tiennent encore debout, témoins silencieux d’une histoire mouvementée.

Vue du château vénitien. Il ne reste pas grand chose à voir mais la vue est superbe
Capitale de l’île depuis le Moyen Âge, la Chora s’est construite en village-refuge : ruelles étroites en dédale, passages voûtés, maisons serrées les unes contre les autres pour se protéger du vent et des assaillants. Aujourd’hui encore, cette architecture défensive fait tout son charme, et se double d’un patrimoine religieux exceptionnel : le village compterait une quarantaine d’églises et de chapelles byzantines et post-byzantines.




À quoi ressemble la Chora ? Une carte postale cycladique
Si la Chora d’Amorgos est considérée comme l’une des capitales insulaires les plus pittoresques et photogéniques de la mer Égée, ce n’est pas volé. On y retrouve l’architecture cycladique dans sa plus belle expression :
- des maisons blanchies à la chaux rehaussées de portes et volets bleus, parfois turquoise ;
- un enchevêtrement de ruelles pavées interdites aux voitures, qui serpentent comme un labyrinthe ;
- des passages voûtés, des escaliers, de petites places fleuries ombragées d’eucalyptus ;
- des dizaines de chapelles aux dômes colorés qui ponctuent le paysage ;
- et, en toile de fond, le rocher du Kastro couronné de sa forteresse.







Le tout baigne dans un calme rare, loin de l’agitation des ports. Ici, on entend surtout le bruit de ses pas, le claquement d’un volet et, au détour d’une venelle, une conversation en grec depuis une terrasse. C’est cette douceur de vivre, suspendue hors du temps, qui fait revenir les voyageurs.
○ Que voir à Chora d’Amorgos ? ○
Le village lui-même est le principal spectacle : chaque ruelle réserve son détail, sa porte bleue, son pot de basilic. Mais quelques sites méritent qu’on s’y attarde.
Le Kastro, la forteresse vénitienne
Emblème du village, le Kastro se dresse sur un rocher d’environ 65 mètres de haut. On grimpe jusqu’à ses murailles pour observer les meurtrières et la petite chapelle d’Agios Georgios blottie à l’intérieur. La récompense : une vue panoramique à couper le souffle sur les toits blancs de la Chora et la mer Égée, absolument magique au coucher du soleil.




Près du château vénitien et du grand rocher

Le musée archéologique (tour Gavras)
Installé dans la tour Gavras, une demeure vénitienne du XVIᵉ siècle, le musée archéologique présente sculptures et inscriptions mises au jour sur l’île. Les objets exposés proviennent des anciennes cités d’Amorgos (Minoa, Arkésiné, Aigialé) et couvrent une longue période, de l’âge du bronze à l’époque romaine.
Les églises et chapelles
Impossible de toutes les citer : en flânant, on tombe sur des joyaux comme l’église de Kera-Leoussa, l’une des plus anciennes du village. Leurs murs blancs et leurs dômes colorés font partie intégrante du décor.

Les moulins à vent
Sur une crête qui fait face au Kastro s’alignent les anciens moulins à vent, accessibles à pied depuis le village. S’ils ne tournent plus depuis des décennies, ils comptent parmi les images les plus iconiques d’Amorgos et offrent, eux aussi, un superbe point de vue.

L’ambiance de la Chora : chaleureuse et bon enfant
Ce qui frappe à la Chora, c’est son atmosphère profondément conviviale. Ici, pas de foule tapageuse ni d’esprit tape-à-l’œil : on cultive une hospitalité sincère, un art de vivre lent et généreux. Le soir venu, les ruelles s’éclairent de lanternes, les terrasses se remplissent doucement, et le village se transforme en un délicieux parcours de bar en bar et de taverne en taverne, à ciel ouvert.
C’est le grand atout de la Chora : c’est le cœur le plus animé de l’île, mais une animation à taille humaine, où l’on passe de la table au verre sans jamais quitter le charme des venelles.

Sur la place du restaurant Apospero
○ Où boire un verre le soir à Chora ? Nos bars coups de cœur ○
Amorgos n’est ni Mykonos ni Kos : on ne monte pas à la Chora pour la musique de clubbing ni les nuits électriques. On y vient pour des bars à l’âme singulière, tenus par des passionnés, à la programmation musicale pointue et de bon goût. C’est précisément ce qui rend ses soirées inoubliables.
- Jazzmin — notre coup de cœur absolu. Derrière une porte turquoise, une cave voûtée en pierre, un patron mélomane aux platines vinyles et une sélection jazz, funk et classiques grecs qui ménage de belles surprises. Cocktails soignés et bols de pop-corn : l’ambiance parfaite pour une nuit qui a du goût.
- Bottilia — une institution bohème sur deux niveaux, entre cour intimiste et rooftop coiffé de roseaux. La bande-son cultive une délicieuse nostalgie new wave et post-punk (The Smiths, Echo and the Bunnymen), et la carte de cocktails est aussi large qu’abordable.
- Lagaro Home — l’adresse la plus festive et la plus atmosphérique de la Chora : murs à la chaux, arches en pierre, terrasse sous une tonnelle de guirlandes. Côté musique, on navigue du rock à l’électro-disco pointu, de quoi prolonger la nuit avec style.
Et pour un verre plus doux, la place Loza (au pied du château) et ses cafés-bars offrent un décor de carte postale au coucher du soleil.
Envie de préparer vos soirées ?
Retrouvez toutes nos adresses, village par village, dans notre guide Où sortir et boire un verre à Amorgos ? Nos adresses coups de cœur.

Le bar Botilia à Amorgos
○ Où manger dans les ruelles de Chora ? ○
Le soir, les ruelles pavées de la Chora s’animent et deviennent le meilleur endroit de l’île pour dîner : les tables s’installent à même le pavé, entre murs blanchis, bougainvilliers et chapelles éclairées. L’ambiance est chaleureuse, familiale, bon enfant, et la cuisine à la hauteur du décor.
- Brizolaki — nichée dans le passage d’une venelle, cette petite adresse sert une cuisine grecque généreuse et à prix doux. Notre coup de cœur : la fava onctueuse aux oignons confits et aux câpres, et les grillades maison.
- Kathodon (Kath’Odon) — un vrai coup de cœur pour l’ambiance, sur une petite place du village : tables sur le pavé, guirlandes lumineuses et cuisine grecque soignée (fromage grillé aux figues, poulpe fondant).
- Apospero — la table la plus créative de la Chora, romantique et intimiste, à l’écart de l’agitation. Cuisine raffinée qui sublime le produit local et carte des vins presque entièrement grecque : parfait pour un dîner en amoureux.
- Parvas Tavern — une taverne familiale attachante à l’entrée du village, réputée pour ses keftedes (boulettes) et ses portions généreuses, entre chaises peintes de vers grecs et chats qui rôdent.
Pour toutes nos tables d’Amorgos (Chora, Katapola, Aegiali et villages perchés), leurs cartes et nos conseils, voir notre guide complet :
Où manger à Amorgos ? Nos restos, tavernes village par village.


○ Shopping à Chora : les boutiques à ne pas manquer ○
La Chora concentre les plus belles adresses shopping de l’île, dans un esprit confidentiel et artisanal, loin des souvenirs de masse. Deux boutiques, en particulier, valent le détour au fil de vos flâneries.

Boutique de bijoux confidentiel à droite : τῷ (To), un atelier-boutique spécialisé dans les bijoux artisanaux
Kolokytháki : boutique mode à Amorgos — la boutique mode arty & resortwear de la Chora, à mi-chemin entre la galerie d’art et le concept-store. On y déniche une vraie curation de créateurs grecs, bijoux colorés, sacs en paille et beauté. Repérez sa porte et sa fenêtre vertes sur une façade blanche.
Ta Katsatzidákia Amorgos : céramiques et créations faites main au cœur de la Chóra — l’atelier-boutique de céramiques et créations faites main au cœur de la Chora. Impossible de manquer son enseigne sculptée en relief. À l’intérieur, poteries, objets déco et jolies pièces uniques aux tons cycladiques, à des prix très raisonnables : notre adresse coup de cœur pour rapporter un vrai morceau d’Amorgos.


Boutiques mode à Amorgos
○ Que faire autour de la Chora ? ○
La Chora est aussi le point de départ idéal pour rayonner sur l’île.
La randonnée — la Chora est un point de départ réputé pour la marche. Le sentier historique « Palia Strata », le plus long de l’île, relie la Chora à Aegiali en environ quatre heures ; un autre chemin descend vers le monastère.
Le monastère de la Panagía Hozoviótissa — à environ deux kilomètres, ce monastère byzantin accroché à la falaise, 300 mètres au-dessus de la mer, est LE site emblématique d’Amorgos. Un décor surréaliste, à ne manquer sous aucun prétexte.
La plage d’Agia Anna — en contrebas du monastère, cette petite crique rocheuse aux eaux claires est un lieu de baignade prisé. C’est ici qu’a été tournée une scène culte du film Le Grand Bleu.
Le port de Katapola — à 5 km, le port principal et ses trois quartiers (Katapola, Rachidi et le pittoresque Xylokeratidi) alignent tavernes de poisson et terrasses face aux bateaux.


Le monastère de la Panagía Hozoviótissa
○ Informations pratiques visiter la Chora d’Amorgos ○
Où ? Au centre d’Amorgos, à ~350 m d’altitude, dans l’arrière-pays de l’île
Comment y aller ? En bus ou en taxi depuis les ports : ~5,5 km de Katapola, ~21 km d’Aegiali
Comment visiter ? Village entièrement piéton : ruelles pavées et escaliers (peu adapté aux personnes à mobilité réduite)
Combien de temps ? Quelques heures pour flâner, une demi-journée pour s’imprégner de l’atmosphère et voir les sites
Meilleure période : printemps et automne (mai-juin, septembre) pour un temps doux et moins d’affluence
À voir : le Kastro (château vénitien), le musée archéologique (tour Gavras), les chapelles et les moulins à vent
À goûter : la cuisine amorgienne dans les tavernes des ruelles, un verre dans les bars du village au coucher du soleil

○ FAQ : la Chora d’Amorgos ○
Que voir à la Chora d’Amorgos ?
Le village lui-même, avec son dédale de ruelles blanchies à la chaux, est le principal attrait. Ne manquez pas le Kastro (château vénitien du XIIIᵉ siècle) et sa vue panoramique, le musée archéologique de la tour Gavras, les nombreuses chapelles et les moulins à vent qui font face à la forteresse.
Où se trouve la Chora d’Amorgos ?
La Chora est la capitale d’Amorgos, située au centre de l’île à environ 350 mètres d’altitude. Construite dans l’arrière-pays pour se protéger des pirates, elle n’est pas visible depuis la mer. Elle se trouve à environ 5,5 km du port de Katapola et 21 km d’Aegiali.
Pourquoi la Chora d’Amorgos s’appelait-elle Kastro ?
Jusqu’en 1940, le village portait le nom de Kastro (« le château »), en référence à la forteresse vénitienne du XIIIᵉ siècle qui le domine, édifiée par les frères Ghisi pour se protéger des attaques de pirates.
Où boire un verre le soir à la Chora ?
La Chora est le cœur nocturne d’Amorgos, mais dans un esprit convivial et musical plutôt que clubbing. Nos bars préférés : le Jazzmin (jazz, funk et classiques grecs sur vinyles), le Bottilia (ambiance new wave et post-punk) et le Lagaro Home (rock et électro-disco pointu).
Où manger à la Chora d’Amorgos ?
Les ruelles de la Chora regorgent de bonnes tables : Brizolaki pour une cuisine grecque généreuse et abordable, Kathodon pour l’ambiance villageoise, Apospero pour un dîner créatif et romantique, ou Parvas Tavern pour ses fameuses boulettes.
Combien de temps prévoir pour visiter la Chora ?
Quelques heures suffisent pour flâner dans les ruelles, mais on conseille de prévoir une demi-journée pour s’imprégner de l’atmosphère, monter au Kastro et visiter les principaux sites. Mieux encore : y passer une soirée pour profiter des bars et des tavernes.
