L’hébergement Amazigh Home offre une alliance maîtrisée entre l’artisanat marocain et une épure contemporaine très assumée. Choisir de loger dans le sud du pays implique souvent de composer avec des intérieurs visuellement chargés, mais cette adresse prend le contre-pied.
À l’intérieur de l’appartement, les tons neutres et les matières naturelles structurent l’espace pour laisser toute la place à la lumière et à la présence proche de l’océan Atlantique. C’est un lieu où chaque choix d’aménagement dicte une atmosphère profondément reposante, pensée pour ralentir le rythme d’un voyage.
Le minimalisme d’inspiration méditerranéenne ne se traduit pas ici par un vide froid.
Il prend la forme d’une sélection précise de textures brutes et d’objets artisanaux qui ancrent le logement dans son territoire sans jamais saturer le regard.
Zellige, enduits lisses et mobilier maçonné
L’aménagement des pièces repose sur une intégration où les meubles ne sont pas simplement posés mais créés directement dans la matière.
Le lit de la chambre s’appuie sur un grand cadre maçonné massif, flanqué de tables de chevet et d’une imposante colonne de niches murales. Ces éléments sont parfaitement lissés dans un enduit clair, rappelant la technique traditionnelle du tadelakt, créant des lignes continues et organiques.




Le salon reprend ce même principe avec une vaste banquette en L intégrée aux murs, couverte d’épaisses assises en velours marron et de nombreux coussins aux teintes terreuses.

La salle de bains prolonge cette esthétique minérale. La vasque rectangulaire est entièrement moulée dans l’enduit beige, tandis que la douche à l’italienne se dissimule derrière une cloison épaisse aux bords arrondis.
Une robinetterie en laiton vieilli vient souligner la pureté des lignes, tout comme ces deux simples cordes nouées qui maintiennent le rouleau de papier toilette, prouvant l’attention portée aux détails.



Au sol, dans l’ensemble de l’appartement, de petits carreaux de zellige en terre cuite, posés en damier régulier, réchauffent visuellement la palette de beiges et accrochent la lumière du soleil. Un muret de séparation, lui aussi recouvert de zellige sur sa tranche supérieure, délimite l’espace salon de la salle à manger sans casser les perspectives fuyantes.

Matières naturelles et pièces d’art inattendues
Le contraste visuel naît de l’introduction de fibres naturelles et d’objets choisis avec grand soin.
Dans la chambre, le sol en terre cuite s’habille de larges nattes en paille tressée qui crissent légèrement sous les pas. Au-dessus de la table à manger ronde en verre et bois clair, d’imposantes suspensions en fibres végétales brutes encadrent la hauteur sous plafond. Le linge de maison participe pleinement à cette scénographie sensorielle.
La chambre met en avant un épais couvre-lit beige bordé de lourds pompons en laine qui viennent effleurer le tapis tressé. Sur le muret de séparation du séjour, trois chapeaux pointus en paille, rappelant la forme des couvercles de tajines traditionnels, s’alignent avec précision.







Côté salon…
L’espace de vie s’organise aussi autour d’une œuvre murale.
Un tableau carré en bois brûlé représentant un enchevêtrement de feuilles et de branchages apporte une touche organique forte face à la sobriété des murs enduits.
Le quotidien s’installe facilement autour de la table basse en pin massif, parfaite pour accueillir un grand plateau en métal martelé, la théière en émail jaune pâle, les verres dorés et le pot en terre cuite abritant la menthe fraîche.
L’appartement se révèle d’ailleurs parfaitement équipé, intégrant discrètement le confort moderne au cœur de cette décoration volontairement épurée.

L’arrivée déroutante : galerie d’art et chantier brut
Atteindre cette harmonie esthétique demande toutefois de passer outre les premières impressions en arrivant à Mirleft. En avril 2026, la majorité des maisons de ce secteur ainsi que les routes environnantes demeurent en pleine phase de construction. L’immeuble abritant la location est lui-même inachevé, ce qui peut soulever quelques doutes légitimes lors du stationnement du véhicule.
Le hall d’entrée brut prend des allures de squat artistique fascinant.
Ses murs sont simplement enduits de blanc, surplombant un comptoir maçonné inachevé et un plafond entièrement peint en noir d’où pend une simple ampoule au bout d’une corde. Une impressionnante collection de toiles figuratives colorées est posée à même le sol ou accrochée de façon aléatoire.
On y croise le portrait énigmatique d’un chien noir observant un poisson, une femme mangeant une olive sur fond carmin, ou encore une immense fresque surréaliste mêlant théières flottantes, chiens bleus et personnages alignés.
Deux planches de surf, l’une jaune éclatant, l’autre bleue, s’adossent contre une petite marche en ciment brut. Cette mise en scène crée une ambiance de galerie underground qui tranche radicalement avec la poussière des travaux extérieurs, préparant le regard à la rupture que réserve l’appartement terminé.



Halle de l’immeuble
La terrasse sur le toit et le face-à-face avec l’océan
Si le séjour s’ouvre par de larges baies vitrées sur un balcon doté d’une simple chaise en plastique, l’atout majeur de l’hébergement se trouve un étage plus haut. L’appartement permet d’accéder à une vaste terrasse sur le toit réservée à un usage exclusif. Depuis cet espace surélevé, le panorama s’élargit de manière vertigineuse sur l’étendue de terre battue ocre qui vient mourir brutalement dans l’eau salée.
L’expérience trouve toute son ampleur sur ce toit plat. Malgré la présence d’un quartier en plein chantier aux abords, une fois perché sur la terrasse privée, le seul son réellement perceptible reste le roulement continu des vagues de l’océan. L’endroit se prête à de longues heures d’observation, isolé de l’agitation terrestre, avec une vue dégagée qui justifie amplement le choix de s’éloigner du centre.
Les grandes ouvertures du salon encadrent d’ailleurs l’Atlantique comme un tableau en perpétuel mouvement, visible à chaque instant depuis le creux de la banquette maçonnée..

L’Amazigh Home exige de faire abstraction d’un environnement urbain en devenir pour profiter d’un intérieur magnifiquement fini. L’hospitalité marocaine, incarnée avec bienveillance par Saïd, vient soutenir l’expérience d’un séjour profondément apaisé. L’intelligence de l’aménagement, la noblesse brute des matériaux et la vue imprenable sur l’océan compensent très largement l’accès rudimentaire.
Vous pouvez réserver cette adresse atypique les yeux fermés...
○ Informations ○
Adresse : Amasigh Home, Mirlfet
Prix : 48 € la nuit (en avril).
Y aller : Afin de ménager votre véhicule sur des chaussées goudronnées ou de bonnes pistes, ne vous fiez pas exclusivement au guidage routier classique. Activez la vue satellite de votre application et suivez attentivement les indications fournies par Saïd.
À lire aussi
- Artisanat à Essaouira : pourquoi il faut visiter le Complexe Intégré de l’Artisanat
- Shopping à Essaouira : quoi acheter dans la cité des alizés ?
- Vallée du Paradis, Agadir : la réalité derrière la carte postale
- Artisanat à Agadir : pourquoi il faut faire un tour à la Kasbah Souss
Crédits photos : Island-Touch.com
Photographies protégées par le droit d’auteur. Toute reproduction, représentation ou diffusion, totale ou partielle, est strictement interdite sans autorisation préalable.
Toute utilisation devra obligatoirement comporter la mention du crédit et un lien actif vers https://island-touch.com/