Joies et peines de l’island hopping, ou comment le vent et les aléas des transports ont mis nos vacances en péril…
Les vacances sont toujours trop courtes. Et leur budget est toujours difficile à maîtriser. Alors quand nous partons quelque part, nous avons l’habitude de calculer méticuleusement chaque étape afin d’y passer exactement le temps que nous estimons nécessaire. Oui, nous faisons partie de ces voyageurs qui organisent tout minutieusement à l’avance. Vous me direz qu’on y perd en spontanéité… peut-être, mais cela ne nous empêche pas d’avoir chaque fois des surprises, des coups de cœur, et même quelques déceptions. Et jusqu’à ce voyage dans les Cyclades en 2025, cette organisation au millimètre s’est toujours avérée un succès. Nous adorons les îles grecques. En quatre ans, nous y avons fait quatre séjours, dont trois impliquaient des îles non accessibles en avion. Après un Island hopping hyper réussi dans le Dodécanèse et un séjour à Patmos pour lequel nous sommes arrivés par Kos et repartis par Rhodes, nous étions confiants. Les ferries Grecs ne nous avaient jamais fait défaut et la météo de septembre s’était toujours montrée clémente…
C’était sans compter le Meltem en septembre dans les Cyclades…
○ Organiser un island hopping dans les Cyclades : notre itinéraire ○
Début août 2025 : les dates des vacances sont fixées : ce sera du 6 au 22 septembre. La destination semble évidente : nous fantasmons depuis longtemps sur Amorgos. Mais puisqu’un séjour de deux semaines à Amorgos semble un peu excessif, pourquoi ne pas regarder si nous pouvons découvrir une ou deux autres îles de la région ? Très vite, nous sommes charmés par les photos de Folégandros, et l’envie de re-découvrir Mykonos. Nous estimons le temps nécessaire à passer sur chaque île, regardons les options de vols et de ferries et en quelques jours, nous sommes fixés et lançons les réservations.
Programme :
- 6 septembre : Paris-Santorin. Nous connaissons Santorin et savons que sa beauté est gâchée par le sur-tourisme. Nous n’y passerons qu’une nuit.
- 7 septembre : Ferry Express Skopelitis de SMALL CYCLADES LINES, 5h environ, pour rejoindre Amorgos.
- Du 7 au 15 septembre : exploration d’Amorgos
- 15 septembre : Ferry Super Jet 2 de SEAJETS, 2h30 pour rejoindre Folégandros
- Du 15 au 19 septembre : exploration de Folégandros (plus petite qu’Amorgos)
- 19 septembre : pas de direct Folégandros-Mykonos. Donc Folegandros-Ios avec le Santorini (MAISTROS SANTORINI), un peu plus d’une heure. Escale de 4 heures à Ios, puis Ios-Mykonos avec le Superexpress de GOLDEN STAR FERRIES, qui devrait nous emmener en 2h20 à Mykonos.
- Du 19 au 22 septembre : trois jours chill et fête à Mykonos avant de reprendre un vol pour Paris.
A peine une petite semaine plus tard, tout est réservé : vols, ferries, hébergements, véhicules (scooters et quads).
○ Premiers déboires : l’annulation surprise d’un ferry Golden Star ○
Pour le long week-end du 15 août 2025, nous nous rendons à Strasbourg pour nous y détendre et rendre visite à de la famille. Nous sommes de très bonne humeur : il fait beau, dans trois semaines, nous partons en Grèce, nous venons de terminer l’organisation de notre voyage.
Alors que nous sommes assis au soleil sur une terrasse de café de la vieille ville pour un apéro, je reçois un SMS. Le Superexpress de GOLDEN STAR FERRIES du 19 septembre qui doit nous emmener de Ios à Mykonos est purement et simplement annulé.
GOLDEN STAR FERRIES nous annonce simplement que le bateau sera immobilisé pour maintenance et que je serai remboursé dans les prochains jours. Je regarde immédiatement quelles autres options s’offrent à nous et rapidement, je me vois obligé de dire adieu à ma bonne humeur. Il n’y a strictement aucune autre option pour aller à Mykonos le 19 septembre, que ce soit depuis Folégandros ou depuis Ios, avec ou sans escale.
Nos options sont soit de raccourcir notre séjour à Folégandros, soit de rallonger notre séjour à Ios (et donc de raccourcir Mykonos). Convenant tous deux que Mykonos bénéficiant d’une liaison aérienne directe, il vaut mieux raccourcir Mykonos que Folégandros, nous envisageons de passer une nuit à Ios.
Cependant, nous avons déjà payé nos trois nuits à Mykonos pour 125 € la nuit, nous avons choisi le tarif non remboursable pour bénéficier du meilleur prix, et notre budget est serré. Nous avons passé le reste de notre séjour à Strasbourg à téléphoner à nos hébergeurs et à des agences de voyage grecques spécialisées en ferries pour essayer de tout réarranger, mais les choses ne semblent pas si simples.
Nous ne parvenons pas à obtenir de réponse définitive, personne ne peut nous promettre qu’un remboursement sera possible ou qu’il existe une option pour restaurer notre itinéraire initial.
Charge mentale, quand tu nous tiens… Vous commenterez peut-être « problèmes de riche »… et vous aurez un peu raison. Un peu seulement, car si nous étions réellement riches, nous n’aurions pas à nous soucier de l’impact budget de ces déconvenues…
Finalement, nous nous résolvons à réserver :
- un nouveau ferry Ios-Mykonos le 20 septembre (au lieu du 19 donc), via l’agence DIAPLOUS TRAVEL cette fois-ci (celle-ci proposant, pour une surcharge de 5 € par personne, plus de garanties que Ferry Hopper, que nous avions utilisé jusqu’alors)
- un hébergement à Ios (sans savoir encore si notre nuit d’absence à Mykonos nous sera remboursée).
Quelques jours plus tard, notre hébergeur à Mykonos, SAHAS LUXURY SUITES, nous annonce gentiment que nous n’avons pas été débités et que nous ne serons débités qu’une fois sur place, seulement pour le nombre de nuits que nous passerons chez eux (que nous devons tout de même leur confirmer rapidement).
Nous sommes déçus d’avoir un jour de moins à Mykonos (Ios nous attire moins), mais nous nous consolons en nous disant que nous pourrons explorer un peu une nouvelle île qu’aucun de nous deux ne connaît. La charge mentale s’évanouit, la bonne humeur revient. Nous ne sommes plus à Strasbourg, mais le soleil est toujours là, et les vacances se rapprochent.

Chambre à SAHAS LUXURY SUITES, Mykonos
Le Meltem dans les Cyclades : ce vent qui bouscule tout
Qu’est-ce que le Meltem ? Comprendre ce vent des Cyclades
Les vacances arrivent et nous passons un séjour enchanteur à Amorgos. Nous recevons quelques notifications de changements d’horaires de nos ferries (frayeurs à l’ouverture des messages), mais rien qui puisse mettre en péril notre programme.
Cependant, nous découvrons pour la première fois un élément naturel célèbre dans toute la mer Egée, et en particulier dans les Cyclades. Malgré nos précédents séjours dans le Dodécanèse à la même période de l’année, nous n’avions jamais connu cela dans les îles grecques.
Cet élément, c’est le Méltem (ou Meltemi), un vent qui peut souffler parfois très fort. Le Méltem est généralement à son apogée en juillet et en août, mais il peut arriver qu’il soit encore très présent en septembre. Cette année-là, ce fut le cas. A Amorgos, malgré des températures proches de 30°C dans l’après-midi, nous avions parfois froid à la tombée du jour.
Lorsque nous sommes arrivés (sans encombre) à Folégandros, le Méltem soufflait encore plus fort. A tel point que sur la fin du séjour, nous avons rendu notre scooter pour louer un quad à la place, afin de gagner en stabilité.
Le Méltem s’étant montré parfois presque désagréable tant il était fort, nous suivions attentivement la météo depuis les premiers jours. Au début, c’était juste en espérant le voir se calmer pour mieux profiter du soleil. Puis, à Folégandros, alors que le jour de notre départ pour Ios approchait et que le Méltem se renforçait, atteignant des forces de 50-55 (autour de 100 km/h), nous avons commencé – à raison – à nous inquiéter pour nos ferries…
Comment le Meltem a compromis notre ferry pour Ios
L’avant-veille de notre départ, le 17 septembre, nous savions que notre ferry Folégandros-Ios était fortement compromis. Nous avons commencé à nous renseigner sur les alternatives sans obtenir de réponse claire. Nous sommes également allés parler à notre logeur du risque de devoir passer une nuit de plus à Folégandros. Yannis, propriétaire des AMO SUITES, s’est montré extrêmement compréhensif et nous a simplement dit que – n’ayant pas d’autre locataire prévu le jour suivant dans notre logement – il pouvait nous laisser y rester sans problème. Et sans que nous lui demandions quoi que ce soit d’autre, il a proposé de nous faire cette nuit supplémentaire à moitié prix. Ce niveau de qualité d’accueil est précisément l’une des raisons pour lesquelles nous aimons tant voyager dans les îles grecques.
Changer d’itinéraire à la dernière minute avec Diaplous Travel
Le 18 septembre au soir, l’annulation de notre ferry, et de TOUS LES AUTRES FERRIES du 19 septembre, était confirmée.
Nous nous sommes rendus au bureau de l’agence DIAPLOUS TRAVEL, auprès de qui nous avions réservé le Ios-Mykonos. Ios n’était plus du tout un objectif. Nous voulions sécuriser notre arrivée à Mykonos le 20 septembre. Les billets Folégandros-Ios du 19 septembre, réservés par Ferry Hopper, nous ont été intégralement remboursés par Ferry Hopper puisque le ferry était annulé. Mais l’itinéraire Ios-Mykonos du 20 septembre n’était pas annulé et nous ne pouvions plus être à Ios à temps pour l’emprunter. Il nous fallait l’annuler et nous n’avons pas eu droit à un remboursement intégral, puisqu’il ne s’agissait pas d’une annulation de ferry.
DIAPLOUS travel n’a pu nous en rembourser que la moitié (si nous n’étions pas passés par eux pour cette réservation, nous n’aurions probablement eu aucune compensation). Cependant, il nous ont trouvé une alternative dont le prix total était inférieur à nos deux remboursements, donc aucun impact budget.
Là je vous avoue que je ne peux plus vous donner tous les détails des ferries que nous avons réservés. Tout ça ayant été fait en agence physique, dans le stress, avec des billets imprimés que je n’ai plus à l’heure où j’écris ces lignes, je ne peux que vous dire que nous avons prix deux très gros ferries (qui sont plus stables que les petits dans une mer agitée), l’un de Folégandros à Naxos, et l’autre de Naxos à Mykonos, tous deux le 20 septembre, avec 1h30 d’escale à Naxos.
Évidemment, nous avons également contacté notre hôtel d’Ios, qui dans un premier temps, a fermement refusé tout remboursement (même si notre réservation étant pour le lendemain, nous n’étions pas habitués à ce genre de réaction dans les îles grecques). Ils nous ont cependant recontacté un peu plus tard pour nous dire qu’ayant pris connaissance des conditions exceptionnelles qui ont conduit à l’annulation de la quasi totalité des ferries dans la région, ils acceptaient finalement de nous rembourser (nous pensons que de leur côté, qu’ils ont eu des hôtes contraints de rester, comme c’était le cas pour nous à AMO SUITES).
Avoir nos billets de ferry et obtenir le remboursement de notre hôtel d’Ios nous a beaucoup détendus. Mais nous ne savions pas encore ce qui nous attendait…

Tous les bateaux du vendredi sont annulés, impossible de quitter l’île…
Une traversée mouvementée de Folégandros à Naxos sous le Meltem
Après avoir profité très agréablement de ces 24 heures supplémentaires non planifiées à Folégandros, nous nous sommes rendus sur le port avec nos valises. Bien qu’aucune annulation n’ait été annoncée cette fois, le vent soufflait encore très fort.
Notre ferry affichait un retard de 20 minutes. Les 20 minutes sont devenues 30, puis 40, puis 45… la durée de notre escale à Naxos se réduisait dangereusement.
Naxos est une grande île, nous ne connaissions pas son port, mais pouvions imaginer qu’il nous faudrait un certain temps pour aller du lieu de débarquement du premier ferry au lieu d’embarquement du second. Finalement, notre ferry est arrivé avec 45 minutes de retard. Ouf, ce n’était pas encore critique. Sauf que… il n’arrivait pas à accoster.
Il était ballotté par les vagues et ne parvenait pas à trouver une position suffisamment stable pour permettre aux personnes et aux voitures de débarquer ou embarquer sereinement. Après peut-être 20 minutes de plus, qui nous ont semblé interminables, les passagers ont finalement débarqué dans le stress, sous les cris des marins qui les empoignaient fermement pour les faire traverser le plus vite possible la rampe d’accès, rendue dangereuse par la manière dont elle était chahutée par les vagues. Nous avons embarqué dans les mêmes conditions. Lorsque nous sommes finalement partis, nous affichions un retard très proche des 1h30 de notre escale…
En raison d’un roulis fort, nous avions instruction de rester assis autant que possible. La longue traversée s’est déroulée dans le chaos des secousses et l’angoisse de manquer notre correspondance…
A l’approche du port de Naxos, nous étions parmi les premiers à nous positionner à proximité de la sortie. Le ferry suivant était prévu pour un départ quelques minutes plus tard. Le port de Naxos étant nettement mieux abrité des vagues que celui de Folégandros, notre bateau a heureusement pu accoster et déployer sa rampe assez rapidement.
A peine sortis, nous nous sommes retrouvés, presque par accident, dans la file d’attente du ferry suivant, qui était là, tout proche, fort heureusement à moins de 200 m du lieu où nous avons débarqué. Presque immédiatement après après avoir rejoint la file d’attente de l’embarquement, nous avons été invités à avancer pour embarquer. Je ne sais pas si le second ferry nous attendait (il avait déjà jeté l’ancre lorsque nous avons commencé à apercevoir le port de Naxos depuis notre premier ferry), mais il est parti avec un très léger retard.
Nous avons effectué ce second trajet d’environ une heure, dans un mélange d’excitation (à l’idée de rejoindre Mykonos, que nous commencions à percevoir comme un Graal inaccessible) et d’abrutissement lié à une soudaine décompression.
Mykonos, enfin… mais une île devenue bling-bling et hors de prix
Au final, Mykonos, s’est avéré ravissante, mais… sur-fréquentée, bling-bling et hors de prix ! Ma compagne, qui en avait gardé un si joli souvenir après un séjour en 2017, a elle-même trouvé que les prix et l’ambiance avaient beaucoup changé. Dans les îles grecques, et même à Santorin (qui reste pourtant l’une des plus chères), nous avions l’habitude de voir des prix très abordables pour des parisiens moyens. A Mykonos, pour vous donner une idée, nous avons prix un verre en terrasse dans la « Petite Venise », dans une taverne qui, hormis son emplacement, était tout à fait ordinaire. Pour une bière Alfa (la bière blonde la plus basique et la plus répandue en Grèce, presque l’équivalent de notre Kronembourg) servie en bouteille (sans verre) et un verre de « house wine » blanc, nous avons avons payé 25 €. Dans les boutiques, nous avons retrouvé plusieurs créations de bijoux et de robes que nous avions déjà vues quelques jours avant sur Amorgos ou Folégandros. A Mykonos, pourtant plus proche des côtes et dotée d’un aéroport, les prix de ces mêmes articles, 100 % identiques (mêmes marques, mêmes créateurs), avaient augmenté de 50 à 100 % !
Tout transpirait l’argent et le bling-bling, même lorsque le luxe n’était pas présent. Nous ne nous sommes pas vraiment sentis à notre place sur cette île, dont les dernières traces d’authenticité s’accrochent exclusivement aux charmantes ruelles et aux maisons de chaux de sa si belle chora.
Ce qu’il faut retenir de cette aventure
Un island hopping dans les Cyclades en septembre reste une excellente idée, mais il se mérite. Le Meltem, ce vent qui souffle fort en mer Égée, peut perturber – voire annuler – la quasi-totalité des ferries d’une journée, y compris en arrière-saison.
À cela s’ajoutent les annulations imprévues des compagnies (nous en avons fait les frais avec Golden Star Ferries) et les petits aléas qui en découlent : correspondances ratées, hébergements à réorganiser, budget qui dérape.
La bonne nouvelle ? Les îliens grecs sont d’une souplesse remarquable, des agences locales comme Diaplous Travel peuvent vraiment sauver la mise, et les imprévus deviennent souvent les meilleurs souvenirs – à condition d’accepter de lâcher prise. Parce que non, l’argent n’achète pas le vent.
8 conseils pour réussir son island hopping dans les Cyclades
- Anticipez le Meltem, surtout si vous partez en juillet, août ou début septembre : suivez la météo (sites type Windy) dès quelques jours avant vos traversées.
- Évitez de réserver vos ferries avec Golden Star Ferries si vous avez le choix — leurs annulations sont fréquentes. Comparez avec Seajets, Blue Star Ferries ou Small Cyclades Lines.
- Privilégiez les gros ferries (catamarans ou car-ferries) plutôt que les petits : ils sont nettement plus stables en mer agitée et moins sujets aux annulations.
- Passez par une agence locale (type Diaplous Travel) plutôt que par une plateforme en ligne seule : en cas d’annulation ou de modification, elles peuvent vous replacer sur un autre ferry en quelques minutes.
- Laissez-vous de la marge entre deux ferries en correspondance : visez au minimum 2 h d’escale, surtout si le Meltem souffle, car les retards de 30 à 45 minutes sont courants.
- Évitez les tarifs « non remboursables » pour les hébergements en island hopping : la flexibilité vaut largement les quelques euros d’économie.
- Parlez directement à vos hébergeurs en cas de pépin : beaucoup d’hôtels familiaux grecs (comme Amo Suites à Folégandros) sont extrêmement compréhensifs et proposent spontanément des arrangements.
- Louez un quad plutôt qu’un scooter sur les petites îles ventées comme Folégandros : vous y gagnerez en stabilité et en sérénité.
- Réfléchissez à deux fois avant de finir à Mykonos juste pour l’aéroport : choisir Mykonos comme dernière étape « pratique » pour reprendre l’avion peut coûter (très) cher. Hébergements, restaurants, boutiques… les prix y sont 50 à 100 % plus élevés que sur les autres îles, pour une ambiance bling-bling qui a perdu beaucoup de son authenticité. Mieux vaut parfois ajouter un ferry supplémentaire pour rejoindre Santorin, Paros ou Naxos (qui ont aussi des aéroports) et garder un vrai souvenir des Cyclades jusqu’au bout.
Les leçons de ce voyage dans les Cyclades : s’adapter au vent (et lâcher prise)
Déçus par Mykonos, nous n’avons pas mis longtemps à décider que nous étions finalement très contents d’avoir passé 24 heures de plus à Folégandros.
Mais là n’est pas la plus grande leçon à retenir de ces petites déconvenues. Au-delà du premier mauvais coup que nous a joué GOLDEN STAR FERRIES (au passage : compagnie à fuir, puisque nous avons eu plusieurs confirmations de leur nombre exceptionnel d’annulations et retards), au final, c’est le vent qui a décidé que non, notre voyage ne se déroulerait pas exactement comme prévu.
Et on oublie que c’est normal. Notre argent peut acheter des billets, il n’achète pas le vent. Toute personne qui voyage beaucoup le sait : il faut s’adapter à la nature, ce n’est pas elle qui va s’adapter à nous. Ce constat apparemment si simple n’est pourtant pas compatible avec notre société et notre mode de consommation. Les îliens grecs savent vivre au ralenti et accepter les aléas. Ils ont appris à vivre avec. Et ils ont souvent du mal à comprendre pourquoi les touristes peuvent devenir si aigris et stressés à la moindre déconvenue. Ils ont raison. Mais ils ne savent pas à quel point les citadins du continent ont parfois un quotidien morne. Nous vivons dans un système qui compte et décompte chaque jour, chaque heure, chaque minute de liberté. Un système où en contrepartie, nous voulons que chaque euro durement gagné, chaque seconde de vacances, soit parfaite, soit rentable. Alors que le voyage, le vrai, ne pourra jamais entièrement se résumer à un produit qu’on achète calibré au gramme près.

En attendant le bateau patiemment sur le quai à Folengandros avec la peur qu’il ne puisse accoster à cause du vent…