Folegandros est une petite perle des Cyclades qui marie son authenticité avec un esprit bobo bohème et une pointe de mysticisme. Outre son iconique église de Panagia et une adorable Chora où il fait si bon flâner après le coucher du soleil, elle offre un littoral étonnant, venteux et très accidenté. Les plages familiales ou « colonisées » y sont très rares. Quand aux plages sauvages, on trouvera des endroits déserts avec un goût de bout du monde, comme Katergo Beach, mais il faudra les mériter (accès difficile), et la baignade risque fort de se dérober à votre récompense, en raison de courants dangereux et de vents parfois violents. Cependant, nous avons trouvé le compromis idéal : Galifos et Agios Nikolaos, deux charmantes plages que vous pourrez rejoindre par un chemin de randonnée tranquille depuis le petit village d’Agkali.
○ Agkali, Folegandros, le point de départ. ○
Folegandros est constitué de deux grosses masses rocheuses de superficies comparables, reliées par une crête plus étroite. C’est précisément au sud de cette crête, au centre de l’ïle, qu’on trouvera le seul morceau de côte abrité du vent, en particulier du Meltem, qui peut souffler fort de juillet à septembre. C’est aussi là que se trouve, hormis le port principal qui s’expose au vent à l’est de l’île, le seul village balnéaire : Agkali.
Attention : quand je parle de village balnéaire, rappelez-vous qu’on parle d’une petite île sans aéroport et sans accès pour les gros bateaux de croisière. Ici, pas de gros hôtels de 12 étages ou de légions de parasols proprement alignés sur la plage.
Bien que célèbre et très fréquentée en été, Folégandros a su échapper aux principaux excès du surtourisme. Agkali est un tout petit port avec une plage à taille humaine, encerclée de petits bâtiments de chaux, avec quelques restaurants et quelques bars. La plage est adaptée aux familles, mais elle reste très tranquille. Elle a d’autre part l’avantage d’être accessible par la route et pourra constituer un bon point de chute pour quelques heures de baignade et de farniente. Mais elle a quelque chose de trop commun, trop ordinaire, il lui manque ces petits détails, cet environnement magique qui fait rêver, qui donne vraiment l’impression d’être ailleurs. C’est pourquoi nous vous proposons de poser votre véhicule (ou descendre du bus) ici, d’acheter des bouteilles d’eau et de pousser vers l’Ouest via des sentiers de randonnée...

Plage Agkali, Folegandros

Sur le chemin de randonnée


○ Galifos, 1ere étape ○
Une jolie crique et un repère écoresponsable apprécié par les nudistes.
Le sentier est balisé, mais il n’est ni plat ni lisse. Ça monte et ça descend, tout en restant loin du niveau presque dangereux de certains des sentiers qui mènent aux autres plages sauvages de l’île. Après environ 10 minutes de marche, vous passerez devant l’établissement « GALIFOS ECO HOUSES », un petit complexe de jolis logements écologiques sans électricité, où on vous propose de vivre avec la nature. De là descend un escalier en pente douce vers une ravissante crique de galets calme et relaxante : la plage de Galifos.
Notez que le nudisme y est toléré et fréquent.
Un bémol : la crique est vraiment petite et risquera, même avec peu de monde, de paraître saturée en pleine saison. Nous y sommes passés vers mi-septembre et ce n’était pas désert, mais tout de même très tranquille. Nous avons eu du mal à résister à l’appel de pause fraîcheur que nous lançaient les eaux incroyablement cristallines de Galifos. Mais notre objectif était Agios Nikolaos. Nous avons poursuivi notre route.

Vue d’en haut de la plage de Galifos






Agios Nikolaos
LA « grande » plage « sauvage » accessible et baignable de Folegandros.
15 à 20 minutes de marche plus tard, nous arrivons sur la terrasse du restaurant Papalagi Seafood, un point de passage obligé (et certainement calculé) pour rejoindre la plage d’Agios Nikolaos. L’établissement est perché sur un promontoire à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer et semble très agréable. Nous avons voulu y réserver une table pour le dîner, mais en septembre, le service n’est assuré qu’un ou deux jours par semaine. Après ce petit échec, nous avons finalement rejoint notre objectif final, et avons instantanément été séduits par cette « grande » plage « sauvage ».
Aviez-vous déjà remarqué ces guillemets dans le titre ? Parce que oui, il convient de relativiser ces adjectifs. D’une part, avec ses peut-être 80 mètres de front de mer, Agios Nikolaos n’est pas une grande plage. Cependant, c’en est une à l’échelle de cette île au littoral déchiqueté et parsemé d’étroites criques. Par ailleurs, la qualifier de sauvage est également abusif. Bien qu’elle ne soit pas aménagée, elle dissimule un discret petit bar/taverne à moitié caché sous les tamaris, un peu en retrait : la Taverna Agios Nikolaos (endroit simple et agréable aux prix abordables vu son isolement). C’est une plage de galets (je ne me souviens pas avoir jamais vu de sable à Folegandros) en pente douce, avec encore une fois des eaux merveilleusement claires. Mais ce qui fait sa plus grande particularité, ce sont ses tamaris, ces arbres des cyclades qui résistent à la sécheresse et au sel, et qui, comme ici, poussent parfois très près de la mer. Au-delà de l’ombre si bienvenue qu’ils offrent aux visiteurs sous le plomb des après-midi d’été, ils apportent une touche de douceur qui atténue l’aridité parfois piquante des coins sauvages de cette région du monde. Un endroit parfait pour se relaxer quelques heures, se baigner, boire une bière dans la chaleur de l’après-midi. Pas la plus belle plage de Folegandros, mais peut-être la plus agréable.


Sur le chemin pour se rendre à Agios Nikolaos, on traverse un restaurant, le Papalagi Seafood,

La jolie plage de Agios Nikolaos. On peut s’y rendre par un sentier mais aussi par bateau… Se renseigner à Agkali pour plus d’infos.








Folegandros n’est pas une île qu’on choisit pour ses plages. Et pourtant. Le charme brut de Galifos, la douceur des tamaris d’Agios Nikolaos, cette eau d’un bleu presque irréel… Ces deux plages se sont glissées parmi mes plus beaux souvenirs de mer Égée et elles ne demandent qu’une petite demi-heure de marche pour se laisser découvrir.
○ Informations ○
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Comment y aller ? :
Depuis Athènes : ferry depuis le port du Pirée (environ 3h30 à 5h selon le bateau). Aucun aéroport sur l’île. Depuis les autres Cyclades : liaisons régulières en ferry depuis Santorin, Milos, Naxos ou encore Paros.
Se déplacer sur l’île : un réseau de bus relie les principaux villages (Chora, Karavostassis, Agkali). Location de scooter ou quad possible, mais les routes sont étroites.
Accès à la rando : rendez-vous au village d’Agkali (accessible en bus ou en véhicule). Le sentier balisé vers Galifos et Agios Nikolaos part depuis la plage d’Agkali, direction ouest.
Durée et difficulté :
Agkali → Galifos : environ 10 minutes de marche.
Galifos → Agios Nikolaos : environ 15 à 20 minutes supplémentaires.
Difficulté : facile à modérée. Le sentier monte et descend mais reste accessible. Chaussures fermées recommandées (terrain caillouteux).
Bon à savoir
Eau et provisions : achetez vos bouteilles d’eau et snacks à Agkali avant de partir. À Agios Nikolaos, la Taverna Agios Nikolaos propose boissons et petite restauration, mais les horaires peuvent être réduits hors saison.
Nudisme : toléré et fréquent à Galifos.
Vent (Meltem) : de juillet à septembre, le vent peut souffler fort sur la majeure partie de l’île, mais ce coin sud-ouest est relativement abrité.
Meilleure période : juin et septembre pour éviter la foule et les grosses chaleurs, tout en profitant d’une mer agréable.
Crème solaire et chapeau : indispensables, il n’y a quasiment aucune ombre sur le sentier.
Plages de galets : prévoyez des chaussures d’eau pour un confort optimal à la baignade.
À proximité
Katergo Beach : plage sauvage accessible en bateau depuis le port ou via un sentier difficile (pour les plus aventuriers).
Chora : le village principal perché, à ne pas manquer au coucher du soleil.
Panagia : l’église emblématique de Folegandros, accessible à pied depuis Chora (montée courte mais raide, vue spectaculaire).