Perchée sur un plateau, au bord d’une falaise qui plonge à pic dans la mer Égée, la Chora de Folegandros ressemble à un décor de cinéma. Ruelles dallées, maisons blanchies à la chaux, volets colorés, bougainvilliers et jasmins qui embaument l’air du soir : ici, tout semble parfait, presque irréel. On vous emmène découvrir ce village d’exception, de son passé médiéval à son atmosphère d’aujourd’hui…
L’histoire de la Chora
À Folegandros, la Chora est bien plus qu’un joli village : c’est l’une des plus anciennes cités médiévales de tout l’archipel des Cyclades.
Longtemps restée à l’écart du monde, l’île a été façonnée par la mer et par les hommes. Aride, escarpée, sculptée en terrasses au fil des siècles, elle a même servi de lieu d’exil politique, des Romains jusqu’au XXᵉ siècle. C’est en partie ce relatif isolement qui lui a permis de préserver son authenticité.
Le cœur historique du village, c’est le Kastro. Ce dédale fortifié, construit au bord de la falaise, était autrefois le rempart du village contre les pirates. Les maisons, serrées les unes contre les autres, forment elles-mêmes la muraille extérieure du château. Certaines demeures à deux étages, avec leurs petits escaliers extérieurs, datent du XIIᵉ siècle et sont toujours habitées, parfois même louées aux voyageurs.
Dominant la Chora, l’église de la Panagia veille sur le village depuis son promontoire. Ancienne dépendance d’un couvent, on l’atteint par un sentier en zigzag depuis la place Pounda (comptez 15 à 20 minutes de montée). La récompense ? L’un des plus beaux couchers de soleil de la mer Égée.
Enfin, impossible d’évoquer l’histoire des lieux sans citer la grotte de Chrysospilia, la « grotte d’Or », nichée dans la falaise. Ce site fut au IVᵉ siècle avant J.-C. le théâtre d’un mystérieux culte de la jeunesse, dont témoignent encore d’anciennes inscriptions.


Le cœur historique du village : Kastro






○ La Chora aujourd’hui ○
Aujourd’hui, la Chora a gardé toute sa magie, et surtout son échelle humaine. Le centre du village est interdit aux voitures : on s’y promène librement, au fil de trois places ombragées par de grands arbres, bordées de cafés et de tavernes.
Les maisons cubiques blanchies à la chaux, les venelles pavées, les portes et fenêtres colorées composent le tableau cycladique par excellence. On flâne, on s’assoit sous un arbre, on discute avec les locaux comme avec les voyageurs de passage.
Le soir, le village s’anime doucement. C’est l’heure de siroter un rakomelo sur la place centrale encadrée de deux petites églises, de dîner dehors et de déambuler dans les ruelles du Kastro. Et pour les amoureux de shopping, la Chora est une vraie pépite : boutiques de créateurs, artisanat local, bijoux faits main. Il faut plus d’une soirée pour toutes les découvrir.
Côté saveurs, la Chora et l’île entière régalent les gourmands : le matsata (pâtes fraîches locales servies avec une viande en sauce), les tartes de Folegandros, sans oublier les fromages de l’île comme le souroto.



En bordure de la place Pounta



Danss les ruelles de la chora de Folegandros la nuit




○ Notre avis ○
Une Chora charmante, toute blanche, fidèle à l’architecture cycladique typique. On se croirait dans un film d’été qui nous régale même en plein hiver, tellement tout y est parfait, presque comme un décor. Tout est joli, convivial, chaleureux.
Surtout, la Chora est à échelle humaine. Elle est tout le contraire d’une chora façon Mykonos ou Santorin : ici, pas de cars de touristes, pas de croisiéristes. Que des initiés, des habitués et des amoureux des petites îles. Le soir, sur la place principale, ça vit, ça discute, toutes les boutiques sont ouvertes. Et côté shopping, on est gâtés : créateurs, artisanat, bijoux… il faut vraiment plusieurs soirées pour en faire le tour.
Bref, même autour du 15 septembre, il y a encore de la vie dans la Chora de Folegandros. On a d’ailleurs eu la chance d’assister à un mariage d’Américains qui avaient privatisé deux restaurants sur une même place : ambiance love et Mamma Mia, les invités en profitaient pour visiter la Chora pendant le dîner. Tout le village était dans l’ambiance, et les invités se mélangeaient aux visiteurs, sans aucun souci. Un moment qui résume bien l’esprit des lieux : élégant, spontané et profondément chaleureux.













Si vous cherchez une île authentique, loin du tourisme de masse mais pleine de vie, la Chora de Folegandros mérite amplement le détour.
○ Informations pratiques ○
****
Comment y aller : Folegandros n’a pas d’aéroport : on y accède uniquement en ferry. Depuis les autres Cyclades : Ios (30 min), Milos (55 min), Naxos (2h05), Paros (3h30), Mykonos (3h30).
Bon à savoir : certaines liaisons ne sont pas assurées hors saison. Vérifiez bien les horaires à l’avance, surtout au printemps et en automne.
Le ferry vous dépose au port de Karavostasi, à 3-4 km de la Chora, reliée par un bus local ou en quelques minutes de route.
Quand venir ? : Autour de la mi-septembre, l’île est encore bien vivante tout en étant plus paisible qu’en plein été : notre période coup de cœur. L’été reste animé, tandis que l’hiver plonge le village dans un calme absolu.
À ne pas manquer : Le coucher de soleil depuis l’église de la Panagia.Une balade dans les ruelles du Kastro médiéval.Un rakomelo en soirée sur la place centrale. Le shopping créateur et artisanal. Une excursion en bateau vers la grotte de Chrysospilia (petite grotte accessible l’été).
Où dormir: Privilégiez un logement dans la Chora plutôt qu’au port : l’atmosphère n’a rien à voir. Attention, en haute saison, la Chora se remplit vite : réservez à l’avance. Si tout est complet, le hameau d’Ano Meria (à 5 km) est une jolie alternative, plus authentique que le port.

FAQ Chora de Folegandros
La Chora de Folegandros est-elle accessible en voiture ?
Le centre historique est piéton. On rejoint la Chora en voiture ou en bus depuis le port de Karavostasi, mais on la visite uniquement à pied.
Combien de temps rester à Folegandros ?
Comptez au minimum 2 à 3 nuits pour profiter pleinement de la Chora, de ses tavernes, de ses boutiques et des plages de l’île.
Folegandros est-elle aussi touristique que Mykonos ou Santorin ?
Pas du tout. C’est justement son atout : pas de croisiéristes ni de cars de touristes, une ambiance intimiste réservée aux amoureux des petites îles.
Quelle est la meilleure période pour visiter ?
La mi-septembre offre le meilleur équilibre entre animation et tranquillité. L’été est plus festif, l’hiver très calme.