Quelques déboires à la Havane (Cuba)

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 Malgré la première leçon apprise…

Je suis arrivée à Varadero dans un piètre état. Nauséeuse (Rencontre avec Madame Insolation…), de mauvaise humeur et fatiguée par ce qui venait de m’arriver ces 3 derniers jours à la Havane.
Pour la faire courte :

 

♦ Quelques jours mouvementés à la Havane…♦

L’histoire des bagages que j’ai fait passer à l’aéroport… (Eh oui…)
– J’ai rencontré Lazaro un chauffeur de Bici-Taxi qui a réussi à me faire dépenser en 3 jours 260 euros soit quasi le budget que j’avais prévu pour 8 jours (je rappelle que le salaire moyen est de 20 euros/mois à Cuba…) : 30 pesos la course pour se rendre au centre (soit quasi 30 euros) alors qu’en moyenne c’est 10 pesos mais en me garantissant un parcours hors des sentiers touristiques (ce que j’évitais) en passant à des endroits où l’on se sent forcé d’acheter le cd de rumba 10 pesos (ça va direct pour la construction d’une école pour enfants…), ses drinks (6 pesos le Daïquiri au Floridita, un cubain ne paie rien, il n’a pas les moyens je rappelle…)
– Mais là où Lazaro a été très fort c’est qu’il m’a convaincue de vivre une expérience 100 % cubaine en dînant chez l’habitant dans un restaurant clandestin, un « paladar« , accompagné de Tino, un jeune cubain de 23 ans et de Sandie une française de 20 ans que j’avais rencontrée à l’aéroport. Dans une « casa particular », on est censé manger pour 10 pesos max, moins cher que dans un « restaurant officiel » selon le guide du Routard.
On nous a servi une langouste, salade de tomates-concombres et du riz noir dans une petite pièce fermée, aux fenêtres voilées de rideau rouge à l’ambiance vieillotte, séparée par un paravent où les propriétaires regardaient la téloche. Clandestino… quoi.
La note est une grosse surprise bien salée quand vous venez de dîner chez les « Groseille » dans une déco surannée qui sent la naphtaline : 119 pesos donc 120 euros et… les 2 cubains qui ont à peine touché leur assiette. On comprend pourquoi : ils se font faire des doggy bags et nous, françaises routardes, nous n’avions pas assez d’argent pour régler l’addition. Les propriétaires sont furieux et Lazaro pour calmer le jeu propose de laisser nos passeports et de chercher de l’argent à l’hôtel. On revient pour donner la somme manquante dégoûtée de s’être fait bernée ainsi. Y a pas moyen que je poursuive la soirée avec eux. Mais Sandie me rappelle qu’on sortait avec eux dans l’espoir de vivre une vraie vraie soirée « traditionnelle » cubaine à la Havane.
–Ah oui c’est vrai…
A 1 h du mat’, les 2 loustics dont je me méfie comme de la peste nous amène à la Casa de la Musica. Je paye pour tous l’entrée en affichant bien mon mécontentement. À l’intérieur Lazaro me colle et je le repousse sans cesse. Il insiste aussi pour qu’on passe la nuit ensemble ce gros malade. Je suis assez déçue de l’ambiance de la soirée qui est tout simplement celle d’un club occidental avec mauvaise musique Dance et raggamufin. Rien à voir avec l’ambiance cubaine authentique que je me faisais. Je suis étonnée aussi de voir autant de filles aux attitudes vulgaires, en revanche il n’y a quasi pas de touristes. On n’est pas super à l’aise avec Sandie et dieu sait que je connais les boîtes de nuit. J’ai envie d’aller boire un verre mais je n’ai pas envie de payer pour tout le monde. Du coup, je profite d’un aller aux toilettes pour m’éclipser mais Lazaro nous suit. On est un peu ses vaches à lait aussi…
Je profite d’un moment où il nous a perdu de vue pour dire :
– Allez zou, on se casse !
– Ok ! Me répond Sandie.
Il y a un monde fou, difficile d’avancer dans la foule, c’est là que je sens un « tirage de sac ». Du mien, quoi. Dès que je le récupère, je l’ouvre et vlan plus d’appareil photo. Je viens de me faire voler un appareil que je n’ai pas encore payé. On sort et devant la boîte, Tino va chercher Lazarro pour savoir si c’est lui qui a l’appareil, je lui dis non pas la peine, franchement les boules qu’il aille le chercher car je cherchais à fuir cet homme et à me casser sans qu’il le sache. Et là on m’informe que si je donne 50 euros au videur, il me retrouve l’appareil. « Oh !!!! Ça sent pas la grosse arnaque à plein nez dis donc Monsieur… »
Je décide de filer mais Lazaro me demande l’argent pour le restaurant.
– Hein ? Quoi ! Mais on a payé tout à l’heure ! m’écriai-je.
Il fait sa tête de cocker pour me montrer que l’argent n’est pas dans son portefeuille. Ce débile veut nous extorquer du fric mais il y va de manière pas très finaude. Même Tino est surpris par son mensonge, il ne lui fait pas confiance non plus ne le connaissant pas depuis longtemps.
– On te l’a remis à l’hôtel ! Putain !
Oui je m’énerve.
Et je commence à lui taper les poches pour voir si ce n’est pas lui qui m’a volé mon appareil photo en douce. C’est vide mais il esquive en faisant 3 pas en arrière dès qu’il pige que je veux le fouiller.
– Où est le poste de police ? Je veux y aller maintenant pour faire une déclaration de vol !
– Il n’y a pas de police à Cuba, me répond-t-il avec méfiance.
Ben voyons… pas de police. Pas de militaire non plus ?

Lazaro chope un taxi, nous met dedans mais une fois à l’intérieur, j’ouvre la portière opposée et prend Sandie par la main pour ressortir de l’autre côté du taxi. Il nous dit de revenir.
–Tu t’approches, j’appelle la police !
En fait, au mot « police » ils flippent, je l’ai vu dans leurs yeux. Le mot magique, les cubains ont peur d’avoir affaire à elle. Il recule en disant « Pas la police« , je dis « Si si  » et je commence à hurler police dans la rue et ils se barrent illico.
On n’essaye de pas traîner et de vite trouver un autre taxi car l’ambiance immeuble décrépi, pas un chat sauf des travestis, c’est pas super rassurant pour deux petites cocottes comme nous.

♦ Juré, je voulais faire court… ♦

Bon tout ça n’était pas si court, mais j’aurais pu la faire plus longue…
Et puis, je ne peux pas en dire plus ma mère va soit tomber dans les vapes, soit déclencher le plan ORSEC dès que je franchirais le portillon lors de mon prochain embarquement…
Avec le recul, je reconnais mes erreurs : il fallait négocier le prix du taxi bici, connaître à l’avance le prix du resto cubain, etc. Au moindre doute, il faut partir, suivre ses impressions. Il est parfois difficile de juger car on peut sentir mal les choses au début et être agréablement surprise au final. Mon goût pour l’inédit et l’aventure me pousse à aller hors des sentiers battus. Mais je dois plus me fier à mon intuition au lieu de partir à l’aveugle.
Vivre à la cubaine d’après le Guide du routard coûte moins cher, nous on a payé bien plus cher qu’en étant dans les lieux touristiques (restaurant, taxi, bar). Même le taxi du retour à l’hôtel m’a coûté seulement 5 cuc.
Le lendemain, j’ai laissé un pourboire à la femme de ménage pour qu’elle ne signale pas que j’ai hébergé Sandie qui était de passage à la Havane pour une nuit, dans ma chambre à 3 lits XXL sans avertir le personnel. Pas envie de payer encore un truc…
La déclaration du vol au commissariat ça n’a pas été une partie de rigolade non plus.
Par la suite, plus de nouvelles de Sandie, malgré mes relances. Pas cool. Mais peut-être qu’elle ne voulait plus avoir affaire à moi. Mais bon, j’aurais voulu au moins qu’elle m’envoie une photo prise le lendemain avec une cubaine que j’avais payé pour poser. Ça aurait été la moindre des choses mais bon. Des ingrats, il y en a partout…

Témoignage qui introduit bien mon état d’esprit et la leçon que j’ai apprise avant de partir vers d’autres villes.
Suite très prochainement… avec un happy end à la fin 🙂