Comporta, un coup marketing orchestré par les médias ?

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Comporta est un village situé à 130 km de Lisbonne, une destination bohème chic promue par les mag féminins et tendance.

J’ai longtemps hésité entre cette destination et une autre pour mes vacances de septembre. Mon intuition me soufflait que ce n’était pas la meilleure idée de l’année et les photos sur le net m’emballaient moyen. Mais la lecture d’articles en ligne m’apprit que le lieu était paradisiaque, une station balnéaire à la mode rappelant le Saint-Tropez originel (comprendre sans le bling-bling) et encore méconnu du grand public. C’est la Raison qui m’avait poussée à la choisir avant la déferlante de touristes. (Leçon pour plus tard : laisser agir l’intuition…)
À une heure et demi de Lisbonne en train et bus, la presqu’île de Comporta (ou péninsule de Troia) est fréquentée par les peoples et l’intelligentsia lisboète. Sa longue dune de sable entourée d’une pinède, son espace naturel préservé et authentique, son village de pêcheurs et ses plages de sable fin en ont séduit plus d’un.
Un tableau idyllique.
Mais voilà.
Je me suis ennuyée et me suis mordue les doigts d’être venue…

 

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▼▲▼ Les médias ▼▲▼

Ceux qui en parle : 

Madame Figaro : Comporta, l’éloge de la lenteur
L’ObsPortugal : sur la route de la bohème à Comporta
les Echos : Comporta, le Portugal secret des Robinson chic
YonderUne escapade atlantique à Comporta
admagazine.fr : Nos meilleures adresses à Comporta
Actualités voyages.comPresqu’île de Comporta : le paradis portugais des people
vivreleportugal.com : Comporta – Le refuge secret des célébrités entre mer et rizières
GraziaLa bonne idée WE : 36 heures à Comporta
Courrier International : Des rizieres à perte de vue
Bolero : un secret bien gardé
Détours du monde : Comporta, l’autre Alentejo

Et même le Stylist de cette semaine du 6 octobre 2016…

Ma « Raison » a été séduite par la chronique enthousiaste de Capucine Graby, qui parle d’une Lisbonne en plein bouillonnement, incubateur de créativité (et elle a raison) sur BFM TV et de Comporta soufflant un vent de liberté, une destination où on s’y sent bien au bout de 2h.

 

 

▼▲▼ Mon séjour ▼▲▼

1/Au bout de 8 jours, j’ai bien senti la houle mais pas la liberté. En tout cas, pas le vent de liberté ressenti sur les îles grecques : où on fume dans les restos, on roule en scoot sans casque, on réserve une chambre sans carte d’identité, ni celle d’Ibiza où on peut bronzer nu sur la plage tout en se mélangeant aux « textiles » et danser aux premières notes de musique sur la plage. Rien à voir.
2/ Les moustiques : oui elle a raison. Même en octobre, ils ont la dalle les bougres : une main enflée, des boutons de 2-3 centimètres de diamètre…
3/ L’eau bonne en novembre ? En septembre, elle était froide. Personne ne s’y baignait. Et si on rajoute la vagues violentes…
Non, je ne m’y suis pas sentie bien à Comporta. Il faisait 31 degrés et j’étais assignée à résidence sur ma fouta, générant beaucoup de frustration de ne pas pouvoir me baigner malgré la chaleur.
4/ L’endroit est surtout fréquenté par des familles portugaises. On sent les clans fermés autour de soi. Pas toujours très aisé de faire des rencontres. Dans le village, des français font un saut pour se rendre dans les boutiques. À les entendre, ils ne m’ont pas donné envie de venir les aborder…
5/ Les 3/4 des magasins et restaurants sont fermés mi-septembre.
Le seul restaurant ouvert le soir emploie des serveurs qui sont aussi aimables que des portes de prison. De plus, ils me reprennent l’assiette de fromage en entrée qu’ils m’avaient suggéré que j’ai à peine touché sans me demander et me font payer la totalité. J’avais entendu qu’on ne réglait que ceux qu’on avez consommé au Portugal. J’aurais dû réagir sur ce coup-là.
En août, la foule rend Comporta à peine supportable m’avoue une commerçante. Il faut venir en juillet ou la première semaine de septembre.
En septembre et en octobre, Comporta revit un peu le week-end avec les portugais ayant une résidence secondaire.

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6/ Une trentaine de dauphins vivent dans l’estuaire du fleuve Sado. Je n’ai pas vu de dauphin mais des grosses méduses…
7/ Le village ? Je les rejoins sur leur déceptionNon parce qu’il n’est ni léché ni pittoresque, mais je l’ai trouvé sans vie, sans âme, comme si il avait été préfabriqué. Il comporte plus de boutiques de déco et de mode, nichés dans les maisons typiques de Comporta que des commerces de bouche. Ce qui lui donne un aspect superficiel.
8/ Se déplacer sur la presqu’île sans voiture ? Une hérésie vu la fréquence des transports en commun. (2 ou 3 par jour). J’étais donc coincée souvent au même endroit. Moi qui ai la bougeotte… je me suis enterrée.

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▼▲▼ Les arguments de la presse ▼▲▼

1/ On parle de « plages hallucinantes à perte de vue mieux que les Maldives ». Les Maldives, je ne connais pas mais les Philippines et l’île de Koh Rong au Cambodge m’ont 1000 fois plus séduite. De plus, j’ai trouvé le paysage monotone et ennuyant sur des dizaines de kilomètres. Aucune aspérité, aucun relief, toujours identique. L’ennui…
2/ L’Obs parle d’un « concentré de la vie rurale portugaise avec une touche de glamour en plus. Les rizières et les cabanes de pêcheurs sur pilotis ont des airs d’Asie fantasmée, tandis que les immenses plages de sable blanc baignées par l’Atlantique évoquent les Hamptons« . Mais où ont-ils bien pu aller ?…
3/ Mais encore « LE SPOT DU MATIN : La plage de Galé est sans doute la plus belle du Portugal. A l’aurore, le soleil se reflète sur les falaises rouges qui la bordent et elle prend soudain des airs de rivage australien. » :  à 187 km de comporta ça fait loin le saut du matin… revenez sur terre les gars.
4/ « LE DRESS CODE : tout l’attirail de la gypset : une robe brodée Athée par Vanessa Bruno, un sarong ethnique Christophe Sauvat, créateur d’Antik Batik », et Madame Figaro qui renchérit « Seul code fashion de rigueur, le Bikini brésilien, qui sévit sur tout le littoral, et une paire d’Havaianas (de préférence le tout nouveau modèle griffé Pinel & Pinel)« .  Je pense que les pêcheurs et villageois ne vous en tiendront pas rigueur si vous portez un modèle de 2014. Si si. Même une petite robe Zara, ils n’y verront que du feu.
5/ Les Échos écrivent qu’il faut s’y rendre en arrière-saison : « Ce paisible village posé sur un ruban de sable est le refuge le plus discret et le plus couru qui soit. À découvrir en arrière-saison, loin des curieux. » Oh que non  malheureux ! Ennui mortel assuré.

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7/ Toujours les Échos : « Cette première impression passée, la magie opère. On ne voudra plus quitter ce refuge rustique et sauvage, bordé par l’océan Atlantique à l’ouest, d’odorantes forêts de pins parsemées de cactus à l’est, des rizières entre les deux. Derniers initiés en date : Harrison Ford et son épouse, l’ex-Ally McBeal Calista Flockhart, venus en juillet et qui ne songeraient plus qu’à revenir. » Au bout de 2h, j’avais qu’une envie : retourner à Lisbonne…
8/ Emery Doligé dans les Grands Ducs  « Contrairement à nos villes balnéaires, l’architecture de Troia vaut le coup d’œil. Entre lignes hyper graphiques et pointes de n’importe quoi, Troia se visite… en voiture, »
Bref, on s’attend à voir une oeuvre atypique mais la marina de Troia ressemble à une obscure banlieue abritant des HLM tous laids, sans déconner. Mais qu’est-ce qu’ils ont tous ?!

 

▼▲▼ Pour finir ▼▲▼

Je ne comprends pas ce qui attire la jet set, ils ont des goûts de chiotte.
À moins que ce soit le côté désertique et la discrétion des propriétés cachées dans la pinède et les dunes qu’ils les séduisent plus que des paysages à vous couper le souffle. Ils ne risquent pas le bain de foule, hein.
Qu’ils se rassurent : moustiques rageux, mouches harceleuses, eau froide, village sans âme, paysages monotones… Non je ne pense pas que Comporta deviendra le nouveau haut lieu du tourisme de masse et polluer l’authenticité du lieu…
Cette expérience m’a montrée que je n’étais ni prête pour la Camargue ni le Cap Ferret, destinations auquelle Comporta est souvent comparée.
Pour une destination bohème chic, préférez Ibiza fin septembre ou l’île de Sifnos en Grèce.
À la limite, Comporta peut être une étape dans un roadtrip au Portugal mais pas une destination en soi. Si vous n’êtes pas véhiculés, évitez.

Je crois qu’on a bien compris : je n’ai pas saisi l’engouement pour Comporta.
Je me suis ennuyée dès le premier jour avec la désagréable impression d’avoir gâché mes vacances et mon budget.
Je ne suis ni journaliste, ni une star ni une intello lisboète, ceci expliquant cela.

Bref, si Comporta est un paradis, vive l’enfer d’Ibiza…

 

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Je publierais quand même dans le futur un article sur Comporta en bonne et due forme avec mes photos.

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